La crise des suicides que connait France Telecom a mis en évidence la multiplicité des parties prenantes à cette situation.
Faisons en le tour :
tout d'abord l'entourage immédiat des vingt cinq desespérés, entourage qui mérite en priorié une attention particulière,
ensuite les collègues les plus proches traumatisés par ces actes,
puis l'ensemble complexe des différents agents de france telecom, les fonctionnaires, les contractuels, les agents de production, les agents au service de la clientèle, les agents des multiples structures juriques et organisationnelles, les représentants du personnel , les représentants des différentes organisations syndicales, les cadres et les structures de management, la direction générale ,
les représentants des actionnaires,
les clients de l'entreprise et leur représentation, les pouvoirs publics dans leur diversité,
l'opinion publique
et enfin, last but not least, les medias.
Une grande entreprise de la dimension de France Telecom est en principe organisée pour gérer les attentes souvent contradictoires de ces publics; au demeurant nombre de consultants de haut niveau sont là pour l'aider à cette fin.
Or, depuis le démarrage de la crise, j'ai une impression de déballage médiatique, de voyeurisme général, avec cette constatation désagréable que le stress et l'angoisse au travail font plus recette que le bien être que l'on a voulu mesurer récemment.
Il est vrai que France Telecom nous a associés (délibérément ?) à chaque étape de la crise:
les interviews du Président: "non, je de démissionnerai pas",
le numéro deux sacrifié pour calmer (en vain) l'amertume du personnel,
un cabinet spécialisé en mesure du stress et de l'angoisse, choisi pour mesurer avec une cohorte de psy de toute nature, le moral des troupes grace au questionnaire de Karazec, de 170 questions (pas une de moins), envoyé aux 100.000 agents de France Telecom (pas un de moins), qui se méfient de l'usage qui va être fait de leurs réponses,.
Et puis heure par heure, on nous annonce, 1000 questionnaires remplis, puis 2000, puis, je ne sais plus, à croire que ce personnel oublié avait hâte de s'exprimer!
Et puis en parallèle la direction suspend les restructurations, arrête les mutations, annonce des recrutements. Virage à 90 °, comme dirait Chateaubriand "j'ai pleuré et j'ai cru".
Et puisque on nous a tous pris à témoins (parfois en otages pour les clients) on peut se demander pourquoi ce qui était considéré comme l'alpha et l'omega de la bonne gestion ne l'est plus maintenant et puisqu'apparemment chacun sait où sont les problèmes, pourquoi cet engouement contagieux (Le Pôle Emploi vien en effet d'annoncer qu'il ferait la même enquête) pour les questionnaires "stressogènes" ?
A quand un management qui parlerait enfin de plaisir au travail, de climat propice à l'innovation, de satisfaction du client , ce client, que cette crise aurait tendance à dénoncer comme coupable, alors qu'il est la raison d'être de l'entreprise ?.
Paul Ohana
Président de la Commission Réforme de l'Etat
Fondation Concorde

Cela est vrai.
Mais ne trouvez-vous pas choquant leur manière de communiquer?
A savoir, dissocier France Telecom d'Orange.
Voilà un stratagème efficace, pour ne pas nuire à l'image d'Orange. Car en thème de comm', dans toute cette histoire, nous avons tendance à oublier que nous sommes clients d'Orange, oups... de France Télecom!
Rédigé par : Cécile Ménassé-Ohana | 05/11/2009 à 16:30
Je ne peux pas juger si France Telecom est coupable ou pas.. mais je souhaite vraiment dire que France Télécom ET Orange donnent souvent envie aux utilisateurs de se suicider aussi.. pour éviter d'avoir à changer de fournisseur. Il m'avait semblé être plus simple et plus logique de conserver FY et choisir Orange.. il ne se passe pas de jour que je ne le regrette. Ils décident de tout sans vous consulter. Ils font le contraire de ce que vous souhaitez. Ils vous envoient des messages auxquels on ne peut pas répondre (ils vous en préviennent).
Rédigé par : elodie | 12/04/2010 à 21:46