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09/10/2009

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Voici les sites qui parlent de France Telecom: ne pas confondre mobilité et mutation :

Commentaires

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Chers amis, Bonjour
Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.
Je ne savais pas que cette sagesse ancienne reviendrait avec une telle actualité avec l'affaire France Telecom.
De quoi s'agit-l ? France Telecom a eu les honneurs de la presse ( honneurs dont elle se serait passée au demeurant) en raison d'une série de suicides dramatiques de collaborateurs.
Situation inacceptable bien sûr, surtout s'agissant d'une entreprise naguere publique et fleuron de notre économie digitale. J'ai moi-même écrit une note dans mon blog http://vie-publique.com où je diagnostiquais que cette entreprise était atteinte du syndrome de Walras.
Mais je n'ai pas hésité à reprendre ma plume quand on a prétendu confondre mutation du personnel et mobilité du personnel, l'une étant bien sûr négative, l'autre étant selon moi positive.
Mais ce qui est plus grave, c'est que, comme naguere nos politiques vantaient le temps libre et l'épanouissement en dehors du travail, voilà qu'on refait le même chemin en sens inverse.
On part du postulat, faux, que le travail est un lieu de souffrance et de stress, qu'il faut y prendre garde. Résultat: on va arriver à le déconsidérer à nouveau. Bien sûr qu'il faut sanctionner tous les comportements inacceptables, qu'il faut mettre au pas tous nos petits chefs et ils sont légion.
Mais je continue à penser que le travail est un lieu de réalisation individuelle et que c'est en travaillant plus, en faisant preuve d'initiative et d'innovation que nous sortirons de l'ornière dans laquelle nous sommes tombés.
Et pour ne pas sombrer dans les travers des entreprises stressantes, rien de tel que la lecture de cet opuscule que j'ai commis il y a quelques années de cela, les 100 mots clés du management des hommes (épuisé je crois chez Dunod, mais que je tiens à votre diposition).Vous y trouverez mon credo sur un management responsable, humain et toujours actuel des hommes et des femmes.
Avec mes amitiés
Bien à vous
Paul Ohana

Bonjour Monsieur Ohana,

Je suis avec attention et plaisir vos études des comportements sociaux, toujours passionnantes et passionnées, érudites et riches d’enseignements.

Permettez moi une observation sur ce thème douloureux des suicides : il y en France, vous le savez, de l’ordre de 11000 suicides par an et peut-être plus, la majorité de ces actes affectant des personnes ayant entre 35 et 54 ans.

Gageons donc que nombre de ces personnes, arrivant à cette extrémité, travaillent en entreprise (grande ou petite) ou dans une administration (privée ou publique). Il est certain que le management du changement chez France Telecom est de pauvre niveau (j’en possède des témoignages concrets), mais ô combien d’organisations françaises sont dans le même cas !

Il est certes plaisant mais peu productif de réagir en dénonçant une certaine incompétence des grands managers, ce que je suis très heureux de voir que vous ne faites pas. Cependant, nous ne sommes pas naïfs, la stigmatisation sur les douze suicides annuels de France Telecom est d’abord une opportunité de vente pour le médias et (cela va de pair) une occasion à saisir pour les clans politiques ou corporatistes, au moment où cette organisation s’engage par nécessité sur de nouvelles voies. C’est donc bien l’arbre qui cache la forêt (1 cas pour 1000).

Concentrer (détourner) l’attention sur cette entreprise et ses dirigeants ne corrigera effectivement en rien le mal qui atteint beaucoup de nos grandes entreprises et administrations, mais aussi de PME : une formation au management qui privilégie l’idéalisation de l’élite sur la force collective et le respect des personnes humaines, qui place la performance financière au sommet de la pyramide des objectifs d’entreprise plutôt que ses talents, qui oublie le poids des cultures, qui conduit à porter l’attention sur le court terme.

Bien sûr, nos managers ne sont pas tous ainsi, mais nos grandes écoles, jacobines à outrance et malgré quelques mouvements de manche pour mimer une évolution, restent sur ce modèle (on s’amusera à étudier ce qui est introduit par exemple à HEC, pour plaire, et la manière dont ces « nouveaux enseignements » sont effectivement considérés en son sein même). C’est là qu’il faut chercher la source de ces maux, de cette « mode » suicidaire, l’expression, de la bouche de ce dirigeant, démontrant ainsi par son horreur cette dérive de nos formations managériales, dérive qu’il convient à mon avis de corriger sans tarder. Ce sont bien les modes de management que prône la formation qui sont en cause, et non les décisions stratégiques ou les modes d’action (tels que la mobilité professionnelle). Vous le dites d’ailleurs très bien.

La tâche est ardue, mais elle n’est pas impossible, et des organisations indépendantes telles que la vôtre peuvent (je me permets de dire : doivent) pratiquer le lobbying indispensable pour promouvoir ces évolutions.

Merci encore de permettre ce débat, en vous laissant la décision de placer où non cette réaction sur votre blog.

Respectueusement.

Francis Lenne

PS : vous évoquez le syndrome de Walras, sans doute pour stigmatiser les économistes qui ne fondent leurs théories que sur les équations mathématiques, loin du monde « réel ». Notons cependant que grâce à ses travaux, brillamment prolongés par Debreu, il a été possible de montrer que l’équilibre (ou plutôt les équilibres) étaient possibles dans un monde où les comportements rationnels dominent, où « l’Homme est dans la boucle » avec toute sa richesse. Il est vrai que nous en sommes encore loin aujourd’hui, avec les jeux pervers auxquels nos banquiers mondiaux se livrent, et nous savons bien (démonstration par l’absurde de la validité l’approche Walrasienne) où cela nous conduit encore aujourd’hui. Ne désespérons cependant pas de l’humanité qui, apprenant par ses échecs, en favorisant les comportements rationnels, en promouvant l’éthique (et en sanctionnant les autres comportements avec sévérité et courage), réussira bien un jour à trouver « un certain équilibre », à défaut d’un « équilibre général » ! (ou bien… disparaîtra).

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Au service des Directions des Ressources Humaines et du Personnel : Personnel Performance offre aux entreprises un bouquet de services en ligne leur permettant d'améliorer performance individuelle et collective au travers de la commercialisation de kits interactifs. Ce blog a pour vocation d'en expliquer le fonctionnement et d'échanger autour du thème du management et des ressources humaines.

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